news

Mon interview avec Pou

“Pou est une structure souple, qui bouge et s’adapte en fonction des envies. Le collectif n’existe que pour faire vivre des projets liés à la création littéraire. Nous essayons de ne pas trop individualiser ce que nous faisons, on aime beaucoup la notion de collectif. Pou n’est ni une asso, encore en moins une entreprise”, disent les gars de Pou.

Retrouvez le reste de mon interview sur http://livresgay.fr/interview-avec-pou et sur https://literarymarais.com/news/dcouvrez-le-collectif-pou-et-leurs-histoires-pdes

Nouvelle critique: “Stasis”, de Florian von B.

Flo, jeune Roumain trentenaire parfaitement trilingue, travaille comme journaliste et traducteur à Bucarest. Il est gay mais vit son homosexualité de façon très discrète – son pays n’est pas vraiment connu pour son ouverture d’esprit vis-à-vis de la communauté LGBTQ+, après tout, bien au contraire…

Retrouvez toute la critique sur

http://livresgay.fr/stasis

Preview “ordinary whore”—excerpt

ordinary whore
novel
Dieter Moitzi

The still black water accepts me like an old friend. It feels warm and cosy.

Afterwards, I sit on the beach, shaking with cold while the scarce wind dries my skin. How alive and peaceful that makes me feel! 

My teeth clatter so much that I don’t hear the discrete footsteps in the sand. I leap up with a start when someone drapes a bath towel over my shoulders.

Rachid, the young man I recruited some hours ago, stands behind me. He is dressed in white. 

“Sorry! I didn’t mean to frighten you. But I saw you shivering, so I thought you might need this,” he says sheepishly. He picks up the towel, which has slipped down when I jumped to my feet. He drapes it over me again and rubs my arms.

I step back to look at him, dazed. “It’s all right,” I finally say. “You did frighten me. But it’s all right now. And thank you for the towel.” I let myself fall down on the ground again.

Rachid looks at me, not knowing what to do.

“Come on,” I pat the sand beside me. “Sit down.”

“I thought you wanted to be alone.”

“Even if you stay with me, I’ll feel alone,” I murmur. Then, louder, “I don’t mind your company. Come on, sit.”

He obeys. 

We gaze into the distance above the sea where the faint morning light increases almost imperceptibly. A comfortable silence settles down between us. 

He breaks it after a moment. “You’re still cold,” he whispers. “Don’t you want to get dressed?”

“My clothes are in my room,” I whisper back, careful not to destroy the magic of the early hour.

Rachid considers this. “Do you want us to… to make love?” he asks. “It will warm you.”

Caught unawares, I stare at him. Then it dawns on me. Of course, this is what he is meant to propose. “No,” I say. “No, I don’t want to… how did you call it? Make love? No, definitely, no.” I smile. “Thank you, though.”

“You shouldn’t stay here,” Rachid murmurs. He starts to dig one hand into the sand, then lifts it. The fine grains run smoothly down between his slender, tanned fingers.

“What?” I ask. For a second, I believe this is another of the strange warnings I’ve been getting.

“You shouldn’t stay here. You’ll catch a cold,” he explains.

“Hm,” I say. “Come here.” I pull him closer. “Put your arm around me. That’ll warm me.”

He snuggles up and wraps his arm around me. I sense his body heat, his breath on my neck. The hug feels good, almost motherly.

“Sir?” Rachid asks. “I was wondering…”

“Call me Marc. What is it?”

“Oh, no. I can’t ask you that.”

“Yes, you can. Don’t be afraid.”

“But… you’re my boss.”

“Good Lord, no! Michele is your boss. Maybe you consider me a bit higher up in the food chain, but I don’t think I am. We’re colleagues, somehow. So, go ahead, shoot.”

He ponders this. Then, “I thought you were Madame Di Forzone’s… husband?”

I stifle a laugh. “Not at all! She pays me for my… uhm, services. Just like you’ll get paid, you see?”

“Really? But with your looks, you don’t need… I mean, why do you do it?”

“You need money to live. I do, too.”

“But… but you’re French. Surely there are other jobs for you in France.” Rachid shakes his head, unbelieving.

“Surely, yes. But this suits me.” 

“How did you… get involved in all this?” 

“Chance. Life. I had the choice: whore, or criminal, or politician. Which is more or less the same anyway. My father was a politician, you know, and I never wanted to become like him.”

“Okay. I see,” Rachid lies. He gazes at me, a vulnerable young guy who looks like Kate Bush’s Man with the Child in His Eyes.

“Hey,” I propose. “Let’s go for a swim, shall we?” I jump up again. The towel slides to the ground like a veil. Anything is better than to discuss my lot. Worse, Rachid has shown me the unharmed, innocent part of him. I don’t want to be touched by his vulnerable eyes, his pertinent questions. “Come on.” I help him stand up. “And get out of these!” I playfully tug at his clothes.

Rachid undresses. His delightful young body glistens in the dawn’s early light. He smirks at me. 

I slap him on his buttocks, then run.

“You’ll pay for this!” he shouts, grinning, and runs after me.

We race into the balmy waves, gloriously naked, shrieking, splattering, two playful kids, two boys unspoiled and unsullied by life, while the sun comes up behind the horizon.

Avant-première “Putain ordinaire” – extrait

putain ordinaire
roman
Dieter Moitzi

L’eau encore noire m’accepte comme un vieil ami. Elle est tiède et confortable.

Ensuite, je m’assois sur la plage, tremblant de froid pendant qu’un zéphyr timide sèche ma peau. Je me sens vivant et en paix dans ce petit courant d’air.

Mes dents claquent tellement que je n’entends pas les pas discrets sur le sable. Je sursaute quand quelqu’un passe une serviette de bain sur mes épaules.

Rachid, le jeune homme que j’ai recruté il y a quelques heures, se tient derrière moi. Il est vêtu de blanc. « Désolé ! Je ne voulais pas vous effrayer. Mais je vous ai vu frissonner, alors j’ai pensé que vous pourriez avoir besoin de ça », dit-il d’un air gêné. Il ramasse la serviette, qui a glissé par terre lorsque je me suis levé. Il la drape à nouveau sur moi et me frotte les bras.

Je recule pour le regarder, étourdi. « Tout va bien », dis-je enfin. « Vous m’avez fait peur. Mais tout va bien maintenant. Et merci pour la serviette. » Je me laisse retomber sur le sol.

Rachid me regarde, ne sachant que faire.

« Allez », je tapote le sable à côté de moi. « Asseyez-vous.

— Je pensais que vous vouliez être seul.

— Même si vous restez avec moi, je me sentirai seul », je murmure. Puis, plus fort : « Je n’ai rien contre votre compagnie. Allez, asseyez-vous. »

Il obéit.

Nous regardons l’horizon au loin, au-dessus de la mer, où la faible lumière du matin augmente presque imperceptiblement. Un silence confortable s’installe entre nous.

Il le rompt au bout d’un moment. « Vous avez encore froid », murmure-t-il. « Vous ne voulez pas vous habiller ?

— Mes vêtements sont dans ma chambre », je réponds dans un murmure, veillant à ne pas détruire la magie de cette heure matinale.

Rachid réfléchit. « Voulez-vous que nous… fassions l’amour ? » demande-t-il. « Ça vous réchauffera. »

Pris au dépourvu, je le regarde. Puis, je comprends. Bien sûr, c’est ce qu’il est censé proposer. « Non », dis-je. « Non, je ne veux pas… comment vous dites, déjà ? Faire l’amour ? Non, franchement, non. » Je souris. « Merci quand même.

— Vous ne devriez pas rester ici », marmonne Rachid. Il commence à enfouir une main dans le sable, puis la soulève. Les grains coulent doucement entre ses doigts minces et bronzés.

« Quoi ? » je demande. Pendant une seconde, j’ai cru que c’était un autre de ces étranges avertissements que j’ai reçus.

« Vous ne devriez pas rester ici. Vous allez attraper froid », explique-t-il.

« Hm », dis-je. « Viens par là. » Je le tire vers moi. « Mets ton bras autour de moi. Ça me réchauffera. »

Il se blottit contre moi et me prends dans son bras. Je sens sa chaleur corporelle, son souffle sur mon cou. Ce câlin est agréable, presque maternel.

« Monsieur ? » demande Rachid. « Je me demandais…

— Appelle-moi Marc. Qu’est-ce que tu veux savoir ?

— Oh non. Je ne peux pas vous demander ça.

— Oui, tu peux. N’aie pas peur.

— Mais… vous êtes mon patron.

— Bon Dieu, non ! Michele est ton patron. Peut-être que tu me considères un peu plus haut dans la chaîne alimentaire, mais je ne pense pas que je le sois. Nous sommes collègues, d’une manière ou d’une autre. Alors, vas-y, dis-moi ce qui te tracasse.

Il réfléchit à cela. Puis : « Je pensais que vous étiez… le mari de Madame Di Forzone ? »

J’étouffe un rire. « Pas du tout ! Elle me paie pour mes… euh, mes services. Tout comme tu seras payé, tu vois ?

— Vraiment ? Mais avec votre physique, vous n’avez pas besoin de… Je veux dire, pourquoi faites-vous ça ?

— T’as besoin d’argent pour vivre. Moi aussi.

— Mais… mais vous êtes Français. Il y a sûrement d’autres emplois pour vous en France. » Rachid secoue la tête, incrédule.

« Sûrement, oui. Mais celui-ci me convient.

— Comment avez-vous… atterri dans tout ça ?

— Par chance. Par la vie. J’avais le choix : putain, ou criminel, ou politicien. Ce qui est plus ou moins la même chose, de toute façon. Mon père était un politicien, tu vois, et je n’ai jamais voulu devenir comme lui.

— D’accord. Je vois », ment Rachid. Il me regarde, un jeune homme vulnérable qui me fait penser au Man with the Child in his Eyes de Kate Bush.

« Hé », je propose. « Et si on allait nager, d’accord ? » Je saute à nouveau sur mes pieds. La serviette glisse par terre comme un voile. Tout vaut mieux que de discuter mon sort. Pire encore, Rachid m’a montré la partie indemne et innocente de lui. Je ne veux pas être touché par ses yeux vulnérables, ses questions pertinentes. « Allez. » Je l’aide à se lever. « Et enlève-moi ça ! » Je tire sur ses vêtements.

Rachid se déshabille. Son corps jeune et charmant brille dans la lumière du petit matin. Il me fait un sourire narquois.

Je lui donne une tape sur les fesses, puis je pars en courant.

« Ça, tu vas me le payer ! » s’écrie-t-il en souriant et me court après.

Nous nous jetons dans les douces vagues, glorieusement nus, hurlant, nous éclaboussant, deux enfants espiègles, deux garçons intacts et pas encore souillés par la vie, tandis que le soleil se lève à l’horizon.

Gay poetry from a Singaporian master poet

I loved this book, a kaleidoscope of water-color paintings of modern every day life, of the struggles, the hurts, the questioning of a young man in a city-state that not only frowns upon his very nature and the nature of his love, but pursues it… I cannot pretend I understood all the lines—that’s poetry in a nutshell, it being the most direct but not necessarily the straightest way from one island to another. That’s also the beauty of poetry.

My entire review of Cyril Wong’s ‘Infinity Diary’ on

http://www.rainbow-reviews.com/book-reviews/infinity-diary-the-pride-list-by-cyril-wong-at-seagull-books

“Élégies en rose”, ou bribes autobiographiques

Un recueil de textes en hommage à différentes personnes qui ont toutes, à un moment ou un autre, accompagné et enrichi la vie de l’auteur, Jean-Jacques Ronou. Ce recueil est largement autobiographique et m’a séduit et ravi de par la profondeur des points de vue, la simplicité des différents récits, la richesse et diversité des genres proposés, l’énergie et la force des opinions exprimées.

Toute ma fiche de lecture sur

http://livresgay.fr/elegies-en-rose-de-parisdude

“Sébastien M.” de Jimmy – sombre mais excellent

Une histoire comme un coup de poing dans l’estomac. Ce roman est sombre à souhait, et après avoir galopé à travers les dernières pages, j’ai découvert qu’il n’allait pas me lâcher de la nuit. J’ai réussi à dormir, certes, mais mes rêves furent hantés par lui. Un livre dérangeant, mais au fond, déranger nos petites routines, bouleverser nos émotions, retourner nos propres penchants bien-pensants, perturber notre besoin d’espoir et de lumière par une noirceur glaçante, n’est-ce pas, aussi, le rôle de la littérature ? Donc, 5 étoiles. Sans tergiverser.

Toute ma critique de “Sébastien M.” sur

http://livresgay.fr/sebastien-m-de-parisdude